Le consentement en période estivale : un sujet chaud

Le consentement en période estivale : un sujet chaud

La période estivale constitue un contexte particulièrement propice pour aborder les enjeux liés au consentement et aux violences sexuelles. L’été est souvent marqué par une augmentation des rassemblements sociaux, des festivals et de sorties, ce qui favorise les contacts sociaux dans un contexte festif. Ces contextes peuvent également contribuer à la banalisation de certaines violences sexuelles.

La routine quotidienne est aussi propice à plusieurs changements lors de cette période. Certain·e·s auront un horaire plus flexible, une absence d’école, des vacances, des environnements parfois plus permissifs et moins de supervision parentale. Ces changements de routine, souvent moins encadrés, peuvent créer des contextes où les limites sont moins clairement respectées et où le risque de violences sexuelles peut être augmenté. La consommation d’alcool ou de substances, plus fréquente lors d’événements festifs, peut aussi nuire à la capacité de reconnaître, de demander ou de respecter le consentement.

Sensibiliser au consentement durant cette période permet donc de promouvoir des relations respectueuses, de prévenir les violences sexuelles et de rappeler l’importance d’un consentement clair, libre, éclairé et réversible.

Clair: « J’ai envie de consentir et je le signale explicitement »

  • Le consentement doit être donné par la personne elle-même
    Non: le consentement ne peut être donné par une tierce personne
  • Le consentement est enthousiaste
    Non: Le consentement n’est pas valide lorsque le vocabulaire et le non-verbal est hésitant.
  • L’absence d’un non ne signifie pas un accord.
    Libre: « J’ai la possibilité et les aptitudes pour consentir »
  • Le consentement doit être donné par une personne ayant la possibilité de consentir
    Non: Le consentement n’est pas valide lorsqu’il y a présence de violence, menaces, intimidation, chantage, abus de confiance, présence d’une situation de dépendance pour les mineur·e·s ou les personnes ayant une déficience mentale ou physique, état de conscience altéré *.
    Éclairé: « Je sais à quoi je consens »
  • Le consentement doit être donné par une personne qui comprend la nature et les implications de ce à quoi elle consent.
    Non: Mensonges sur les gestes posés, statut sérologique non dévoilé, furtivage/sealthing: retirer ou percer un condom durant l’activité sexuelle, partage d’images intimes
    Réversible: « Je peux changer d’idée quand je le souhaite »
  • Le consentement est révocable à n’importe quel moment de l’activité sexuelle.
    Non: Un accord initial pour un geste sexuel indique son accord pour tous les gestes subséquents

 

**Astuce pour un consentement tout au long de l’activité sexuelle: Il est important d’établir une communication ouverte et transparente avant, pendant et après l’activité sexuelle.

*Mot sur guide consommation & consentement

Pour approfondir le sujet, Intersexion, en collaboration avec plus de 75 membres de sa communauté de pratique, a développé le Guide Consentement sous Influence. Une lecture fort intéressante, à consulter ici : https://www.intersexion.org/fr/guide-consentement-sous-influence

Le CIVAS Montérégie est un organisme spécialisé en prévention des violences sexuelles. Il intervient auprès de personnes ayant commis ou à risque de commettre une infraction sexuelle, en offrant des services d’évaluation, d’intervention et de psychothérapie. Situé à un maillon clé du continuum de prévention, le CIVAS agit directement sur les facteurs de risque associés au passage à l’acte et à la récidive. Par une approche rigoureuse, humaine et fondée sur les données probantes, il contribue à une sécurité durable pour la communauté et soutient des parcours de changement significatifs.

Sources

Image de Catherine Pouliot

Catherine Pouliot

Sexologue et directrice générale