Accueil > Non classé > Élections Québec 2026 : Prévenir la violence sexuelle c’est exiger d’agir sur toutes les dimensions
À l’approche des élections québécoises, les engagements des partis en matière de violence et de sécurité publique méritent toute notre attention. Nous saluons les engagements récemment annoncés visant à renforcer les services destinés aux femmes victimes de violence conjugale. Ces investissements sont importants et répondent à des besoins bien réels. Toutefois, cette initiative nous rappelle également l’importance d’adopter une approche complète lorsqu’il est question de violence, notamment en matière de violence sexuelle. Lorsqu’il est question de violence sexuelle, les chiffres rappellent l’ampleur du défi collectif. En 2024, le Québec a enregistré 13 178 victimes d’infractions sexuelles déclarées à la police, le nombre le plus élevé observé depuis au moins 2005. Depuis cette année-là, le nombre de victimes a augmenté de 129 %. Les femmes demeurent les principales personnes touchées, représentant 86 % des victimes d’infractions sexuelles déclarées aux services policiers en 2024.
Ces statistiques sont d’autant plus préoccupantes qu’elles ne reflètent qu’une partie de la réalité. Selon l’Institut national de santé publique du Québec, seulement 5 à 6 % des agressions sexuelles seraient signalées à la police. Devant ce constat, il est essentiel de poursuivre les investissements destinés aux victimes et aux survivantes. Toutefois, si notre objectif collectif est de réduire le nombre de victimes, nous devons également nous intéresser à la prévention et aux moyens permettant d’agir auprès des personnes qui commettent ces violences.
Les organismes spécialisés comme le CIVAS Montérégie contribuent à cette mission en intervenant auprès des auteurs de violence sexuelle afin de favoriser leur responsabilisation, de remettre en question les comportements problématiques et de réduire les risques de récidive.
Or, la capacité d’intervention doit être au rendez-vous. Actuellement, les délais pour obtenir des services spécialisés au CIVAS Montérégie peuvent atteindre près de 8 mois. En matière de prévention, le temps est pourtant un facteur déterminant. Lorsqu’une personne est prête à entreprendre une démarche ou qu’elle est référée vers des services, une intervention rapide peut faire toute la différence.
À l’occasion de cette campagne électorale, nous invitons les partis politiques à reconnaître pleinement le rôle de la prévention dans la lutte contre la violence sexuelle. Soutenir les victimes est essentiel. Assurer l’accès à des services spécialisés pour les auteurs de violence l’est tout autant si nous voulons prévenir de nouvelles agressions et accroître la sécurité de nos communautés.
Chaque victime compte. Chaque agression évitée compte aussi.
Institut de la statistique du Québec et Institut national de santé publique du Québec.
Sexologue et directrice générale